Mon amie A. a dit en parlant des incendies (et je suppose du réchauffement climatique, de l’écologie) : « il y a des gens qui sont très loin de ça ».
Et j’ai pensé que c’est qq chose qui est déjà acté pour moi depuis un moment, en tout cas plus une source majeure d’émotions difficiles.
Je me suis dit que c’était parce que :
- Ma découverte en 2015 du rapport Meadows qui prévoit une chute de population, de l’économie, etc, en 2030. Et malgré ce rapport connu depuis 1972, on n’a pas réagi. Donc mon gros choc et processus nécessaire de deuil venait justement de là : on sait depuis longtemps et on n’a pas changé le cours de notre histoire, donc a priori on ne sera pas davantage capable de le faire dans l’avenir. Le fait que moi je le découvre maintenant n’y changera rien. (en revanche je crois vraie la phrase du poète Holderlin reprise par Edgar Morin « Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve », car ça retire le biais cognitif de l’éloignement des conséquences)
- Petit à petit ma constatation que malgré ma connaissance de ce péril je n’étais pas en capacité de changer ma propre route vers une vie très sobre, décroissante, car j’ai des désirs contradictoires et je vis avec des habitudes forcément proches de celles de mon entourage (que je n’ai pas la capacité de changer sur ma seule volonté!). Donc prise de conscience de la difficulté de faire advenir ce changement même quand on le désire.
- Combinée à la conscience de l’énorme force du déni (apprentissage familial…), qui est un besoin, surtout quand la chose à se cacher à soi est douloureuse
